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Le Festiblog 2010 en haute altitude : Interview avec Anaïs
Damian Leverd | 12 Octobre 2010
Ce dimanche 26 septembre, le Festiblog 2010 s’est achevé après deux jours d’hyperactivité rue Eugène Spuller, face à la mairie du 3e arrondissement de Paris, le tout sous un climat montagnard. Si le rideau sur la scène est tombé, rien de tel sur les écrans, largement animés notamment par les comptes-rendus des auteurs participants, le site du Festiblog et sa page Facebook, où affluent les premiers souvenirs, photos et vidéos.
Petitformat.fr a sollicité Anaïs, dernière arrivée dans l’équipe organisatrice, qui nous livre quelques impressions à chaud, quelques jours après la clôture de la manifestation. Histoire d’y voir un peu plus clair sur cette édition à peine refermée et sur ce qui se déroule dans les coulisses du Festiblog.

Damian Leverd : Le goût de la bande-dessinée, en dehors d’avoir étudié dans la belle ville de Grenoble, terre de Glénat, d’où vous est-il venu ? Avez-vous des auteurs fétiches ?
Anaïs : C’est surtout une histoire familiale. Je suis née dans une tribu bédéphile. J’ai hérité d’un bout de la collection de mon frère aîné, j’ai piqué un bout de celle de mon père, j’ai commencé à constituer la mienne sur laquelle je veille maintenant jalousement. Après une longue période très « j’achète tout ce que fait untel », je suis devenue plus éclectique dans mes goûts, je n’ai plus d’auteur fétiche, je fais mes choix en fonction d’un format, d’un trait, d’une qualité de papier qui m’attire, ça me permet d’aller vers des choses plus variées, d’avoir de bonnes surprises. La prochaine étape c’est de m’initier aux mangas, que je ne connais pas du tout. Il y a du boulot !
Et le goût de ce qui peut se faire en général dans le dessin sur le média web ? Selon mes sources (éventuellement un brin floues), Mike Cesneau, Yannick Lejeune et leur équipe de choc auraient usé de toute leur influence afin de susciter le thème du musée (un de vos sujets de réflexion, notamment examiné dans un mémoire il y a quelques temps en Isère, selon mes informations) lors des 24 heures de la BD d’Angoulême 2009 (thème exploré par Boulet).
Histoire d’aviver votre goût pour le dessin en ligne et donc de vous faire rallier la Festiblog Family. Vous confirmez ?
Intéressante rumeur mais totalement infondée ! Nous adorons les 24H de la BD mais nous n’y intervenons aucunement, ils n’ont d’ailleurs pas besoin de nous. Je sais que Yannick est un grand admirateur de Lewis Trondheim, je crois qu’ils échangent de temps à autres dans le cadre des éditions Delcourt, mais je ne pense pas qu’il ait la prétention de l’influencer en quoi que ce soit. A Angoulême, le Festiblog ne participe qu’en tant que membre du jury de la Révélation Blog. Et puis, en ce qui concerne le mémoire, c’était il y a quand même 6 ans ! Ou alors tout cela n’est qu’une grande conspiration…

Un tantinet plus sérieusement, j’ai entendu parler de sérendipité sur le blog le plus influent du Festiblog concernant votre arrivée dans le squad. Comment cela s’est-il précisément déroulé ?
Je cherchais depuis un moment à m’investir dans la bande dessinée, pour ne pas rester simple lectrice et pouvoir participer à la promotion du média. J’avais dans mes favoris quelques blogs bd, je connaissais le Festiblog. J’ai tenté ma chance et contacté Yannick et Mike pour leur proposer de les rejoindre. Je suis bien tombée, ils cherchaient justement quelqu’un pour étoffer l’équipe d’organisation. Parfois un bon timing amène à de jolies rencontres …
Pouvez-vous nous expliquer quelle a été votre action en amont du festival ?
Les actions dépendent de la période, c’est ça qui est intéressant, il y a beaucoup à faire, j’ai pu m’investir dans des missions très différentes. Dès mon arrivée, je me suis penchée sur la recherche de nouveaux partenariats, pour continuer à développer l’envergure du festival. Puis nous avons reçu les nombreuses propositions d'auteurs qui souhaitaient participer, et j’ai rejoint le comité de sélection. Une fois la sélection confirmée, il y a eu le site à animer avec les interviews des participants, puis à la rentrée la partie plus « logistique » sur le déroulé du festival en lui-même.
La semaine précédant le Festiblog et le weekend dernier, qu’en dire, avec vos yeux de nouvelle arrivante ?
C’est très confortable pour moi d’arriver dans une équipe qui a autant d’expérience sur cet évènement, du coup, même si pendant les dernières semaines l’organisation prend des allures de fourmilière, tout est très cadré, très bien maîtrisé, ça m’a évité le stress pré-festival que je redoutais un peu. Au final j’étais vraiment dans l’excitation de voir le travail se matérialiser et l’impatience d’y être ! Et puis c’est un bonheur de bosser avec Yannick et Mike, qui trouvent très facilement l’équilibre entre les conseils, les encouragements et la liberté de proposer des choses.
La météo pluvieuse, venteuse et très légèrement froide (« the coolest Festiblog », en somme, dans tous les sens du terme) … Et les files de fans toujours nombreuses, les auteurs aussi frigorifiés que tenant bon, l’équipe du Festiblog toujours aussi marsupilamienne… Vue de l’extérieur, le week-end 2010 du Festival a été un brin dantesque. Et de votre point de vue ?
Honnêtement, je pense que mon point de vue ne sera pas représentatif. J’étais tellement contente de ce week-end, que j’ai à peine vu qu’il pleuvait, à peine senti qu’il faisait froid, à peine réalisé que j’accumulais de la fatigue (elle m’a rattrapée lundi matin !). J’ai vraiment profité à fond de ces deux jours, des rencontres, des quelques mots échangés avec des gens dont j’aime le travail, des découvertes… Je me doute bien que le froid était plus gênant pour les auteurs, immobiles dans les tentes, donc on a tout fait pour les alimenter régulièrement en café et autres sucreries. Globalement, j’ai été étonnée par la bonne humeur générale de tout le monde, auteurs et visiteurs, qui bravaient les éléments avec le sourire, dans une ambiance très tranquille. Mais, vraiment, je ne suis pas en mesure d’être objective, c’était une si bonne expérience pour moi que rien ne pouvait paraître pénible, ni la météo, ni le fait de courir partout, ni même le démontage du dimanche soir qu’on a fait sous la pluie et en rigolant.

Quels ont les chiffres marquants de cette année (nombre d’auteurs/participants/membre du staf, nouveaux partenaires….) ?
A la louche, 300 séances de dédicaces, environ 3000 visiteurs, pour une quinzaine de personnes dans le staff. Plusieurs nouveaux partenaires cette année, notamment Paperblanks qui proposait aux visiteurs de laisser des commentaires aux auteurs dans de très beaux carnets, Monsieur Poulet pour le t-shirt réalisé par le parrain et la marraine du festival et offert aux auteurs, Orangina et Freedent qui nous ont rejoint juste avant l’évènement. Et bien sûr toujours Gü, Innocent, la Société générale, e-artsup …grâce auxquels le festival continue d’exister chaque année et qui nous permettent entre autre de nourrir et d’abreuver auteurs et visiteurs tout le week-end !
Les nouveautés de l’année, comme la master class (NDLR : le Festiblog a proposé des sessions publiques où des auteurs réalisaient sur une heure un dessin suggéré par le public, ou encore exposaient certains aspects techniques du dessin réalisé par ordinateur), quel bilan l’équipe en tire-t-telle ?
Il y a sûrement des choses à ajuster pour une prochaine édition : un micro qui porte plus, un emplacement qui permette d’avantage au public de regarder, etc. Mais globalement on a l’impression que l’animation a fonctionné, petit à petit les gens se sont intéressés, et les auteurs qui se sont prêtés à l’exercice avaient l’air plutôt contents. C’est l’occasion d’avoir une approche plus approfondie du travail des auteurs, avec une meilleure visibilité sur les différentes étapes de la création, ça rend leur boulot quotidien beaucoup plus concret, et c’est l’opportunité pour les curieux de poser des questions, d’apprendre de nouvelles techniques pour ceux qui maîtrisent déjà eux-mêmes …
Et les membres de l’équipe ont-ils ne serait-ce qu’une petite minute pour discuter avec les auteurs ? De votre côté, entre une cinquantaine de sprint par minute, avez-vous pu voir quelques dessinateurs présents sur l’évènement ?
Oui bien sûr ! Comme dans tout évènement, il y a toujours des temps plus calmes où les choses se sont mises en place et pendant lesquels on peut souffler un peu et en profiter pour échanger quelques mots avec les auteurs invités. On est aussi en contact avec eux avant le festival, et après, et on essaye d’être au maximum disponibles pour eux pendant les deux jours.
Et maintenant, vous reste-t-il des tâches à accomplir, par exemple pour le feedback à donner aux sponsors, les relancer pour l’année prochaine… bref comment se déroulent les jours suivants le weekend du Festiblog pour l’équipe ?
Hé oui, il y a un après festival très concret pour nous. On collecte les comptes-rendus, on récupère les photos, on alimente le site et la page Facebook, on échange avec nos sponsors sur leur ressenti, leurs attentes, etc. Et on commence déjà à préparer l’année prochaine, à faire des projets, à imaginer ce qu’on veut faire évoluer.
Un petit mot pour clore cet entretien ?
J’ai terriblement hâte d’être l’année prochaine et que ça recommence !

Pour continuer avec le Festiblog, http://www.facebook.com/festiblog et puis http://www.festival-blogs-bd.com. Pour les masterclass, les videos ont été captées par e-artsup.
Propos recueillis par Damian Leverd, photos du site officiel du Festiblog.


Commentaires
Silver il y a plus de 2 ans
Très sympa comme interview ! Et encore merci mille fois pour ce fantastique Festiblog ! :)
Yannick Lejeune il y a plus de 2 ans
Quel talent !