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INTERVIEW : Voyage au bout de la ligne avec Lommsek

Petit Format | 12 Juin 2010

Deuxième partie des échanges avec le fort urbain Lommsek, loin de nous laisser en rade quand il s’agit de discuter de ses bonnes planches publiées dans des collectifs nickelés, de ses envies futures et de ses projets.

La participation aux (transports) collectifs BD

Damian Leverd : On a pu voir tes dessins dans différents albums collectifs ces derniers mois (Phantasmes chez Manolosanctis, les nouveaux Pieds Nickelés avec Onapratut). Comment perçois-tu ton travail plongé dans celui des autres ?
Lommsek : Les collectifs me permettent de vérifier deux choses : d'abord, que je suis capable de dessiner autre chose que du métro qui pue, et après : que mes planches (graphiquement et narrativement) ne se confondent pas avec celles d'un autre. En plus, ça permet de rencontre d'autres gens fort sympathiques. Sauf ****, **** et ***** aussi, qui sont que des sales bitches, en fait.

Sur les nouveaux Pieds Nickelés édités par Onapratut, comment s’est déroulée ton écriture avec le scénariste, Ced ? L’attachement aux Pieds nickelés te vient-il de loin ?
Les Pieds Nickelés, c'est de la bédé de grand-papa, alors moi j'y connaissais rien. J'ai même d'abord refusé d'y participer. On m'a proposé le scénario de Ced, qui est drôle, bien écrit et avec un retournement de situation à la fin, comme je les aime (tourniquet, mon amour, haha). Alors là, difficile de dire non. J'ai apporté quelques petits changements dans le découpage et les dialogues, que Ced a accepté, parce que c'est un amour de confiture, et voilà le travail. Achetez-le. L'album est bon, très bon.

Outre la qualité de cet album, j’ai pas mal apprécié celle de sa fabrication. D’où une question assez récurrente. Es-tu attaché indéfectiblement au papier ? Le livre numérique, qu’en penses-tu ? Réfléchis-tu déjà, quand tu créées pour un album papier, à une rythmique des cases pour une diffusion numérique ?
Non, pas vraiment ; je pense encore "par page" (cohérence graphique d'ensemble, transition en bas à droite, et même articulation page de gauche/page de droite pour ménager les effets de surprise). On verra quand la technologie du livre numérique sera au point, et là je prendrai un cours accéléré au CNED.

Prolongement futur de ligne

Avec toutes ces publications, cela promet quelques semaines de dédicaces. Comment abordes-tu cet exercice ?
Ca permet de te la péter en soirée ("ah, non, demain, j'ai une dédicace à la FNAC, hahaha, file-moi le guacamole"). Mais en vrai, je pète de trouille à chaque fois : y'aura-t-il du monde ? les gens vont-ils me poser des questions embarrassantes ? vais-je trouver des idées drôles pour leurs dédicaces ? Y'aura-t-il du guacamole ?

As-tu un grand souvenir de dédicaces, digne d’un concert underground, avec foule au paroxysme et solo guitaresquo-crayonné de folie, où tout fonctionne bien comme sur la ligne 14 ? Quel est le plaisir qui pourrait t’être fait par un lecteur ?
Le Festiblog 2009 (mon premier en tant qu'invité "officiel") est un très bon souvenir. La veille, je m'attendais à attirer trois pelés, et finalement je ne suis pas arrivé au bout de la file d'attente en deux heures de dédicaces. Tout ça dans une ambiance hyper conviviale, avec des lecteurs beaux, gentils et sympas, des organisateurs au petit soin. Franchement tip taupe.

Et y-a-t-il eu déjà des phénomènes qui sont venus à toi comme on peut le voir décrit par Boulet ? Du genre de moment d’énervement/de solitude comme parfois on peut le connaître dans des lieux de transports en commun peu odorants (et naturellement jamais franciliens, by the way) ?
J'ai eu un ou deux types qui voulaient faire de l'humour, mais de l'humour pas très drôle et du coup ils deviennent un peu agressifs. Alors dans ce cas-là, j'accélère la dédicace sans parler pour vite passer au suivant. Sinon, des fois, je me goure de prénom, alors le petit "Julien" repart avec une dédicace au nom de "Jérôme" (hin, hin, hin, oui pardon).

Désormais que tu es au firmament, il est grand temps qu’un réel caprice de diva vienne assombrir le tableau que tu dresses de ta gentillesse et ta disponibilité (notamment en répondant à cette interview).
Hypothèse plausible : ton assistante personnelle t’appelle donc, pour te dire que des gens de chez la souris aux grandes oreilles ont appelé, disant chercher un dessinateur pour réaliser un BD sur un scénario inédit de Carl Barks, avec des canards ou je ne sais plus quoi. Bref, ça sentait le canular à plein nez, elle les a renvoyés à leurs plaisanteries de bas étage.

Ta réaction ?
Je descends de mon firmament, baisse mon pantalon, et viole ma secrétaire en chantant du Bryan Adams.

Au-delà du culte voué à ce fabuleux et lyrique chanteur canadien, as-tu parfois, en créant telle ou telle planche, une idée de la musique qui pourrait accompagner certains passages de tes planches ?
Non, quoique... Attendez, si : la BO du film "Beeteljuice" signée Danny Elfman. Sur certaines de mes planches, ça doit coller comme un gant.

Si Petitformat.fr, agrégateur milliardaire (en euros, mais grecs, sapristi !), finançait tes projets les plus fous, où l’argent et le temps seraient là, que scénariserais/dessinerais-tu, avec quel scénariste/dessinateur ?
Je monterai un studio BD genre "Jacques Martin" et mon armée de dessinateurs sortira tous plein d'albums que j'ai en tête dans plein de genres différents : le western, la SF, l'historique ou le sentimental... À la fin, j'ajouterai juste mon nom sur la couverture, bien sûr. Et je leur achèterai un sachet de chips en remerciement.

La traduction américaine de la Ligne Zéro, par quel grand auteur américain la fais-tu préfacer et comment renommes-tu tes personnages ? Que va devenir Berthier ? Et l’adaptation ciné, tu ne vas pas céder aux sirènes de Luc Besson, qui essaie d’en faire un Subway II, avec l’acteur du Mentaliste peint en rouge ?
J'attends que le réalisateur vienne acheter les droits. Mais Ben Stiller (dans le rôle de Berthier), Michael Douglas (dans le rôle du big boss), Scarlett Johansson (dans le rôle de Judith) et Robert de Niro (dans le rôle du chef du groupe M) feraient un casting pour le moins... acceptable.

Maintenant, quelle ligne éditoriale vas-tu emprunter, sur ton blog, pour tes prochains albums ? Le personnage de Lommsek, glacé dans le papier, va-t-il connaître de nouvelles aventures ?
Difficile de prévoir ce genre de truc. Parce que j'ai encore plein de trucs à raconter sur mes trajets, il y aura bien sûr de nouvelles aventures du métro. Mais je vais mettre aussi des extraits sur d'autres projets à venir, et qui n'ont rien à voir. Sortons un peu à l'air libre, si vous le voulez bien.

Propos recueillis par Damian Leverd. Lommsek sera présent au Festival de BD de Lyon les 19 et 20 juin, notamment sur le stand des blogs BD ! Plus d'infos en cliquant ici !

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