INTERVIEW : « B Side » of Miss Bagieu, Interview avec Pénélope [3/3]
Les bonnes choses ayant une fin, Pénélope nous a accordés un petit paquet d’infos sur ses projets actuels, le développement de son côté Agathe (lisez le « Cadavre exquis » pour comprendre, je vais pas non plus tout prémâcher, ça va bien comme ça) et de façon plus générale les belles choses qu’elle prépare, notamment pour l’excellente maison d’édition JC Gawsewitch. Et aussi deux trois petits indices sur un possible retour de sa griffe dans l’animation et ses envies pharaoniques, naturellement suscitées et financées à l’œil par la multinationale intersidérale Petitformat.fr (et c’est là que Jibé, notre suprême commandeur à nous, me garrotte sans pitié, comme annoncé).

Coming soon from Bagieu’s Records
Damian Leverd : Que peut-on attendre venant de toi édité chez JC Gawsewitch, ta première maison d’édition ?
Pénélope Bagieu : Le tome 3 de Joséphine, à la rentrée.
Tu es directrice de collection (Tendance filles, si ne je m’abuse) chez JC Gawsewitch. En quoi consiste ton travail, et quel effet cela fait-il d’être de l’autre côté de la barrière ?
Alors : oui je suis bien directrice de collection, et non, elle ne s'appelle pas Tendance Filles, dieu merci, notamment par respect pour les auteurs garçons qui sont en train de bosser sur leur BD chez nous. Mon travail consiste à proposer à l'éditeur des projets, soit des manuscrits que je reçois, soit des gens que je vais chercher, puis à accompagner l'écriture, puis la fabrication, puis le soutien psychologique du "j'y arriverai jamais, il me reste encore 60 pages et j'en ai trop marre". Et après, je suis fière comme une maman quand les BD sont finies, alors que c'est même pas les miennes, c'est génial.
Justement, peux-tu nous dire ce qui se prépare chez JC Gawsewitch dans les prochains mois ?
Pour la rentrée, il y a une très belle BD qu'on attend tous avec beaucoup d'impatience : "Les envahissants", de Marie Voyelle au dessin, sur un scénario de Maloup. Une histoire fantastique et sensible où la réalité un peu tristoune prend des couleurs grâce à une jeune femme dont l'imagination a été nourrie par la télé. Je pousse des petits glapissements d'impatience, j'ai trop hâte de l'avoir dans les mains !
Peux-tu nous dire un peu plus de tes projets d’albums croisés avec l’éclatant Boulet ?
Il n'y en a qu'un, hein !
Eh bien Guy Delcourt m'a proposé de faire une BD il y aaaaa.... pfff, je vais même pas essayer de me souvenir, ça va me déprimer de voir à quel point j'avance à la vitesse d'une fourmi, mais enfin en gros, on va dire, quand je commençais à bosser sur « Cadavre exquis ». Je lui ai donc dit que ce qui me plairait, ce serait bosser avec un scénariste, et faire quelque chose de nouveau pour moi. Quelques temps plus tard il m'a recontactée en me proposant de travailler avec Boulet au scénario. Alors comme on s'entend bien, je me suis dit que ce serait chouette, même si j'avais un peu peur qu'il s'ennuie en ne dessinant pas du tout, et que du coup il vienne tout le temps mettre son nez dans mes dessins pour me dire que ce n'est pas comme ça que je devrais faire. Heureusement, Boulet a alors eu la géniale idée de décliner ça et d'en faire une deuxième BD, tout seul, qui répondrait à la nôtre, et où il pourrait s'en donner à cœur joie et dessiner autant de détails, d'explosions et de perspectives incroyables qu'il voudrait. Et donc c'est devenu une histoire en deux volumes. Voilà. Maintenant y a plus qu'à la finir !

En t’implorant à genoux, peux-tu au moins nous livrer un ou deux teaser sur ton nouvel opus de Joséphine ? Et un tout petit indice sur ce qui se passera dans ton album avec M. Roussel ?
Eh ben non, eh !
As-tu une batterie d’autres projets dans tes tiroirs ?
Oh oui ! Plein ! J'ai de quoi m'occuper jusque début 2012, au moins.
Une question de Juliette Bailly :
« As-tu des projets dans l’animation » ? Je dirai même plus : à quand le retour du biftekisme ?
Alors je me permets de corriger le nom de la pauvre Juliette, qui n'a qu'un L à Baily.
Très bonne question de Juliette, elle-même superstar de l'animation, avec son film "Pourville" qui était, de très très loin, le meilleur film de ma promo à l'ENSAD, et qui montrait déjà bien à quel point cette fille a du talent et un univers graphique incroyablement poétique et personnel. Y a qu'à voir ce qu'elle fait aujourd'hui pour Arte, pour s'en convaincre !
Je bosse depuis un an à la création d'une série animée jeunesse pour la télé, alors j'imagine qu'on revient toujours un peu à l'anim', qu'on le veuille ou non. Ce n'était pas du tout prévu, mais la boite de prod qui m'a proposé de créer cette série avait eu envie de travailler avec moi PARCE qu'ils avaient vu mon film de fin d'étude, et pas EN DÉPIT de. Ça m'a suffi à me dire que c'était des gens bien. Mais bon, ceux qui bossent un peu dans la prod télé savent qu'il y a peu de domaines où ton projet mette aussi longtemps à se mettre en place, entre le financement, la pré-prod, les pilotes, la bible et compagnie. Moi-même je ne sais pas bien où ça en est, j'attends le moment où je dois redessiner, maintenant ! En tout cas, ce sera chouette.
Mais à part ça, pas de projets d'anim’, je refuse systématiquement les adaptations de mon blog ou de Joséphine en anim’, car je mets ça dans le grand sac des produits dérivés et des licences, dont je me méfie comme la peste. C'est peut-être une erreur, mais c'est mon petit côté Mamie Sceptique.

Tu signes des planches scénarisées par Elise Costa, étourdissante chroniqueuse de la vie de Britney Spears et de bien d’autres choses. Comment se passe ce travail, par rapport aux planches que tu as pour habitude de réaliser seule ?
Eh bien à l'origine, c'est comme ça que j'ai connu Elise, bien avant même qu'on parte faire les fofolles dans les sapins de l'Oregon ensemble. Elle m'avait envoyé un mail pour me proposer qu'on bosse ensemble, un jour. Et puis j'ai lu ses chroniques du Professeur Bobby Freckles, puis son blog, etc. Et je ne connais personne qui écrive comme elle. Elle a tout : l'humour, les références, le style, les idées inépuisables, le petit détail qui la sort du lot...
Faute de temps, on ne peut que faire nos planches de Pilote ensemble, mais je travaille dessus en m'éclatant et en essayant d'être à la hauteur du texte, de ne pas appauvrir ses blagues, c'est une pression très positive.
Et son roman, « Comment je n'ai pas rencontré Britney Spears » (NDLR : sorti aux Editions Rue Fromentin), a plu à tous les gens que je connais qui l'ont lu, du metalleux chevronné à la danseuse de burlesque, ça force le respect !
La World Company PetitFormatfinance les rêves de Pénélope
Une question qui m’a été soufflée par Elise C., de Toulouse :
« Si tu avais un groupe, quel nom choisirais-tu ? »
Eh bien, Elise C., tu sais pourtant que quand nous étions à Portland, moi au ukulélé et toi au tambourin, nous ambitionnions d'aller nous frotter à la foule des sessions micro ouvert du Muddy Waters avec nos reprises des Kinks et de Kim Wilde sous le doux nom de "The Cramouilles". Tu as la mémoire courte.
Si tu te sers de PetitFormat, tu te rendras compte que l’on peut cliquer sur son auteur favori, et faire apparaître les anciens aperçus des posts de son blog, s’il est référencé chez nous. Sache, Pénélope, que cette fonction n’est que la partie visible de l’iceberg. Nous avons investi des trillions pour créer ce qui permet de voir les anciens posts, notre machine à remonter le temps (notre grand architecte technologique en chef Fiaxhs est ce que l’on appelle un mec doué).
Il t’est donc offert d’assister à l’évènement musical de ton choix : quel concert ou festival mythique vas-tu aller voir (je crois qu’Elise C. aimerait que tu l’emmènes, mais là c’est toi qui vois, notre Delorean est à ta disposition) ?
Ah, ça c'est fastoche, j'ai déjà joué un paquet de fois à "Quel concert tu aurais voulu voir, quitte à vendre un rein ?" alors je peux répondre tout de suite : Le live S&M de Metallica.
PetitFormat, décidément généreux, décide de financer l’album de ton choix sur ton groupe de musique préféré (un peu à la manière de ce que l’immense Guillaume Bouzard et ses comparses ont fait avec MotorHead).
Quelle dreamteam de la BD emmènes-tu avec toi, tel le Them Crooked Vultures du 9e art, et sur quel groupe jettes-tu ton dévolu ?
Alors je demanderais à Alan Moore de raconter la vie de Bowie, avec des dialogues de Jaime Hernandez, et je mettrais Christophe Blain au dessin et Hubert à la couleur. Putain ça déboîterait !
PetitFormat, site ô combien fier de dépenser son argent intelligemment, te propose, grâce à ses relations dans le grand monde, de suivre un groupe de musique en tournée et d’en faire des carnets à éditer dans un livre grand luxe (ou sur une belle revue spécialisée). Quelle formation musicale presque célèbre vas-tu suivre comme dans un bon film de Cameron Crowe ?
Ce serait moins mouvementé que Stillwater, sûrement, mais je suivrais bien partout les Scissor Sisters, ils doivent faire la fête tout le temps (NDLR : pour une petite explication si besoin).

T’expatrier quelques semaines ou mois, est-ce au programme, comme aller au pays de Michel Rabagliati et de Robert Charlebois ? De façon générale, voyager pour aller dessiner de par le monde, ne serait-ce pas quelque chose que tu voudrais davantage faire ?
Oh, si, j'aimerais bien ! J'irais bien en Irlande.
A quand une pochette de CD grand luxe ou clip animé d’un groupe de musique réalisé par tes soins ?
Ouh, ça aussi, j'aimerais bien ! Je bosserais gratos, même, si j'aime le groupe !
On en finit avec une question d’Adolie Day :
Quelle musique vas-tu t’écouter après cette entretien, avec tes écouteurs, histoire d’éviter qu’on sache ce qui te passe par la tête ?
Je pense que je vais continuer à écouter Led Zeppelin, comme depuis ce matin. C'est très bien, aussi, pour travailler, Led Zeppelin.
Propos recueillis par Damian Leverd.
Comme toujours, interview très chouette & intéressante!
Merci!
